Quelles sont les conditions à concevoir et à mettre en œuvre pour que l’erreur en bourse reste positive ?

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« L’homme sage apprend de ses erreurs. L’homme plus sage apprend des erreurs des autres ». Confucius

En bourse, lors des premiers investissements, il est possible de réaliser des gains mais davantage grâce à la chance que par l’utilisation d’une méthodologie bien définie. Ces gains chanceux peuvent fortement leurrés le novice, qui cherchera à reproduire la même opération et agira de manière hasardeuse, comme s’il était au casino.

Durant les premiers pas sur les marchés financiers, il faut donc garder à l’esprit qu’il convient d’abord de s’inscrire dans une démarche d’apprentissage. Contrairement à d’autres domaines, l’illusion des premières réussites et une représentation biaisée de la bourse peuvent amener à oublier, que pour réussir, il faut d’abord apprendre, s’entraîner pour s’améliorer et obtenir une performance durable.

Pour apprendre, il faut accorder une attention particulière à l’erreur. Elle est nécessaire. Et il faut voir cette dernière comme une information positive et indispensable pour devenir meilleur. Sur les marchés financiers, l’erreur se traduit par une perte. Elle est à intégrer dans les processus d’investissement et d’apprentissage. Pour l’apprenti boursier, elle est absolument nécessaire.

Dans cette perspective, quelles sont les conditions à mettre en œuvre pour faire de la perte et l’erreur un moteur pour apprendre et mieux réussir en bourse ?

Accepter l’erreur et ne pas la considérer comme une faute.

Tout d’abord, Il faut accepter l’erreur et ne pas l’intérioriser comme une faute. L’apprenti boursier doit comprendre que l’erreur concerne ce qu’il fait et non ce qu’il est.

Cet état d’esprit n’est pas celui adopté spontanément par le novice. Majoritairement, lorsque qu’il prend des positions en bourse, il est animé par une motivation orientée vers l’ego. Son but est de gagner le plus rapidement possible de l’argent et idéalement sans faire trop d’effort. C’est-à-dire qu’il est motivé par la performance qu’il peut réaliser et va éventuellement comparer cette dernière à d’autres traders ou investisseurs. Dans ces conditions, s’il juge que sa performance est inférieure à ses attentes alors il aura rapidement une perception négative de sa performance. Il agira de manière de plus en plus émotionnelle, se désengagera et se jugera d’une manière très négative.

Dans le cadre d’une situation d’implication par l’égo, les sentiments d’embarras et de honte sont élevés quand ils sont associés à une faible compétence.

Créer des situations et des buts qui favorisent une meilleure maîtrise :

Aussi, paradoxalement, dans un premier temps, il ne faut pas s’impliquer avec pour unique but d’atteindre une performance ou de comparer cette dernière aux autres.

Pour s’améliorer le coureur de 100 mètres, ne va pas à chaque séance d’entraînement courir pour réaliser le meilleur temps sur la distance en se confrontant à d’autres sprinters. Il va consacrer des moments pour travailler seul, sa technique de départ, sa foulée. D’autres séances seront dédiées à la musculation pour gagner en puissance musculaire. L’ensemble des temps d’entraînements concourront à devenir meilleur ultérieurement et réaliser une meilleure performance.

Ce processus apparait assez évident pour des activités sportives, mais il l’est moins pour la bourse. Pourtant, pour devenir meilleur, Il s’agit de s’impliquer avec l’objectif d’atteindre une plus grande maîtrise, de gagner en compétence et non pas directement de rechercher la meilleure performance. Ainsi, il s’agira par exemple, de chercher à identifier les principales figures techniques sur les graphiques dans le cadre d’une analyse technique. Ou encore, acquérir une meilleure connaissance des instruments financiers disponibles. Il s’agit de se concentrer selon les étapes de l’apprentissage sur des champs qui ne concernent pas directement le gain, la plus-value.

Créer un climat d’apprentissage où l’erreur est dédramatisée :

Il faut créer un climat d’apprentissage où l’erreur est dédramatisée, où en qualité de novice, le droit de se tromper est possible. Dans cette perspective, il faut prioritairement travailler de manière virtuelle. Ce que l’on appelle du paper trading. Utiliser des comptes et des portefeuilles virtuels.

Lorsque l’apprenti boursier commence à travailler avec des comptes réels, la somme investie ne doit pas être importante et doit être une somme qui peut être perdue dans son intégralité.

Il faut se construire des évaluations qui permettent d’évaluer la progression dans l’apprentissage et qui ne soit pas uniquement basée sur les performances, et une référence à la plus ou moins value.

Favoriser la reconnaissance de l’erreur :

La perception de l’erreur permet de sortir de la contradiction de la répétition. Grâce à l’identification, la répétition n’est pas une stérile reproduction des actions et peut déboucher sur une progression. Lorsque la perte et l’erreur se renouvèlent trop systématiquement sans perspective claire d’évolution, elles deviennent néfastes et peuvent générer des conduites de fuite ou des conduites irrationnelles en mode désespéré.

Il est important de s’inscrire dans une démarche d’apprentissage et d’organiser des situations qui permettent de repérer facilement les erreurs et les perspectives de progression possible. Il convient donc de créer des évaluations tout au long de son parcours d’apprentissage.

L’évaluation doit porter sur des standards différents de la performance (plus ou moins value) tels que les apprentissages, les progrès réalisés . A titre d’exemple, l’évaluation peut porter sur les connaissances acquises. Par exemple, l’apprenti boursier peut se poser comme question : Suis capable de décrire le fonctionnement des marchés financiers ? Est-ce que je connais les différents instruments financiers existants ? Si les critères d’évaluation portent sur la performance, ces derniers doivent être établis par rapport à des standards personnels dans un premier temps.

interpréter l’erreur

Il s’agit de rendre possible la connaissance des résultats de son action grâce à toutes les procédures qui incitent à revenir sur sa prestation et aident à comparer ce qui a été fait avec ce qu’il fallait faire.

Il est indispensable d’interpréter l’erreur. Ce principe conditionne la capacité à capitaliser les expériences, c’est-à-dire à tirer des leçons de ce qui a été fait et de ce qui s’est produit.

Au-delà de la question « ai-je échoué ou réussit ? », il s’agit de répondre à « pourquoi ai-je échoué ? ».

La réponse à cette question légitime les feedback. Dans cette démarche, le journal de trading est un outil indispensable. Dans ce dernier, il est impératif après chaque erreur de répertorier toutes les procédures et comparer les actions réalisées avec ce qu’il fallait faire. Cela permet de développer le processus d’auto-correction, de planification des actions et de compréhension des moyens nécessaires pour assurer la réussite. Dans le cas d’une perte, renseigner immédiatement dans le journal de trading , la position en tentant de répondre à un certain nombre de questions pourquoi j’ai pris cette position ? quel était le contexte macro économique ? comment étaient les graphiques journalier, en 4 H, en 15 minutes,… ? Progressivement cela permettra de construire un ensemble de critères de réalisation à vérifier avant d’agir efficacement.

Se donner les moyens de la dépasser :

L’erreur pour être profitable doit être surmontable, c’est-à-dire qu’elle doit se situer dans une zone proche de l’apprentissage. En d’autres termes, l’erreur est féconde à condition que l’apprenti boursier dispose potentiellement des moyens pour la dépasser et accéder à la réussite.

Aussi, il doit s’interroger sur le niveau de difficulté qu’il entreprend. Pour progresser l’apprenti boursier doit travailler sur des situations d’un niveau suffisant pour stimuler des adaptations. Il doit s’engager dans la résolution d’un problème qu’il n’est pas encore capable de réaliser immédiatement mais qui sera possible s’il fait les efforts nécessaires pour s’adapter.

Concrètement, il s’agit d’évaluer son niveau intial et voir ce qu’il est possible d’améliorer : maîtrise émotionnelle, définition des éléments d’une stratégie, connaissance des différents ordres. Si l’on prend l’exemple, de la gestion émotionnelle d’une position, durant la phase d’apprentissage, le novice jouera sur la taille de la position, pour améliorer progressivement sa tolérance au stress. Dans le cadre de l’analyse graphique, au début, il s’agira de chercher à identifier une figure sur plusieurs graphiques, puis ensuite, combiner la reconnaissance de cette figure avec une autre, etc. En d’autres termes, il s’agit de jouer sur des variables comme la durée, le nombre, la complexité des éléments à prendre en compte.

Pouvoir rééssayer avoir un temps de pratique suffisant pour corriger ses erreurs

Autre facteur important, à prendre en compte pour capitaliser sur les erreurs et progresser :  le temps de pratique.

Comment est-il possible de surmonter les erreurs, si l’apprenti boursier ne se donne pas la possibilité de les corriger et qu’il se repositionne sur le marché de manière irrégulière. Il s’agit de stabiliser ce qui vient d’être acquis. Par exemple, pour reconnaître des figures techniques, il faudra analyser plusieurs graphiques d’une même valeur et de valeurs différentes afin d’habituer son regard.

Il faut également avoir un temps d’engagement suffisant pour automatiser les connaissances en temps réel. Là encore le paper trading est d’une extrème utilité. Même s’il ne crée par l’ensemble des conditions car la dimension virtuelle diminue les enjeux, il favorise malgré tout la pratique proche du réel.

La gestion du temps d’apprentissage doit permettre de travailler à son rythme. Il ne faut pas chercher à précipiter les choses. En fonction de sa situation personnelle la progression sera différente d’autres personnes.

 

Pour réussir en bourse, il est donc nécessaire dans un premier temps de voir l’erreur non comme un indicateur de moindre habilité mais comme un élément indissociable de l’apprentissage qui renseigne sur les progrès réalisés.

Pour s’inscrire dans une réelle démarche pour apprendre, il faut donc créer une relation positive à l’erreur. Cette dernière suppose de se détacher des représentations et attentes initiales, qui focalisent l’apprenti boursier sur le gain d’argent et de la performance. Il faut que ce dernier, au contraire se détache de ces dernières, et se préoccupe de repérer, accepter, comprendre l’erreur et organiser les moyens pour la dépasser.

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