Connaitre les biais comportementaux pour mieux réussir en bourse. Partie 3 Les biais sociaux

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Les biais comportementaux 3

 

Les décisions de l’investisseur sont inévitablement influencées par son environnement. L’influence sociale contribue à modifier, à définir ses comportements dans la direction des modèles dominants. Avec l’importance croissante d’internet et des outils comme facebook, twitter, la prégnance de cette influence ne peut pas être ignorée lors des choix opérés sur les marchés financiers.

Les interactions sociales sont inévitables dans les choix d’investissement.

Harrison Hong, Jeffrey D. Kubik, Jeremy C. Stein « Social Interaction and Stock-Market Participation » ont montré que la participation boursière est influencée par l’interaction sociale. Les individus sont plus facilement susceptibles d’investir en bourse lorsque dans leur entourage, ils échangent avec des pairs qui investissent sur les marchés financiers.

Dans leur étude « ThyeNeighbor’s Portfolio: Word-of-Mouth Effects in the Holdings and Trades of Money Managers », ils constatent que les relations sociales jouent un rôle sur les décisions financières aussi bien chez les investisseurs individuels que chez les investisseurs professionnels. Ils ont montré que les gestionnaires de fonds d’une même ville par leurs échanges d’informations, répliquaient le même modèle de stratégie d’investissement.

La construction des décisions des investisseurs ne peut donc faire abstraction de l’environnement social. L’influence de ce dernier peut être plus ou moins intentionnelle et voulue par l’investisseur. L’imitation est à l’origine de comportements moutonniers qui expliquent l’évolution des cours des valeurs.

Le mimétisme à l’origine du comportement moutonnier :

Sur les marchés financiers, le mimétisme peut être défini comme un ensemble de comportements individuels présentant des corrélations. Cet ensemble peut parfois être irrationnel.

E. Jondeau (2001) dans « le comportement mimétique sur les marchés de capitaux » révèle que le mimétisme peut prendre une forme rationnelle ou irrationnelle. Ainsi de nombreux investisseurs peuvent être amenés à effectuer les mêmes choix d’investissement pour la simple raison qu’ils ont reçu des informations identiques. Ce mimétisme rationnel apparait plus clairement sur les marchés émergents en raison du caractère plus onéreux de l’accès à l’information et du contexte d’incertitude plus élevé pour l’ensemble des investisseurs.

Ce mimétisme n’est pas forcément intentionnel. Par exemple, un évènement inattendue peut avoir pour effet que tous les investisseurs rationnels vont effectuer la même opération sur leur portefeuille sans que leur comportement puisse être qualifié de mimétique.

A côté de ce mimétisme rationnel, il existe également un comportement moutonnier irrationnel dans les méthodes d’analyse ou les stratégies utilisées.

Ce mimétisme peut relever d’une intention évidente pour l’investisseur de copier le comportement des autres investisseurs. L’existence de ce type d’investisseurs ayant une rationalité limitée et n’étant pas en mesure de traiter l’ensemble de l’information disponibles va se contenter de suivre les investisseurs initiés.

Dans cette perspective, Hong et Stein ont identifié deux catégories d’investisseurs.

· La première qualifiée de newswatchers, effectue des prévisions de prix sur la base de signaux relevant de l’analyse de données fondamentales des valeurs.

· La deuxième catégorie, regroupe les investisseurs momentum qui basent leurs prévisions sur l’évolution récente des prix. Ils préfèrent suivre la majorité car ne sachant pas comment s’y prendre pour performer sur les marchés financiers.

L’émergence ces dernières années du trading social (encore appelé copy trading) illustre pleinement cette tendance. Le trading social est la pratique par laquelle les investisseurs financiers basent leurs décisions de trading sur les informations financières générées par d’autres traders via le web 2.0 sur une variété de réseaux de trading en ligne.

L’investisseur qui fonde ses décisions de manière irrationnelle et par mimétisme intentionnel s’expose à des risques qui peuvent le perdre sur le long terme. Ce comportement moutonnier peut entraîner des réactions excessives. L’effondrement des valeurs technologiques en mars 2000, nommé sous le terme de bulle internet illustre les conséquences préjudiciables de ce mimétisme.

Aussi, il convient donc d’être prudent et de vérifier les choix opérés et les informations qui se diffusent progressivement sur les marchés financiers. Les comportements de groupe peuvent être irrationnels. Les erreurs répétées par un grand nombre d’investisseurs entraînent des fluctuations des cours très divergents par rapport à leurs valeurs fondamentales. Ces fluctuations peuvent être provoquées par des rumeurs. Les écarts peuvent alors constituer des opportunités pour les investisseurs à même de comprendre les causes des fluctuations et élaborer des stratégies afin d’en tirer pari.

 

L’effet de présentation ou biais de cadrage

Selon la présentation des informations aux investisseurs, les comportements de ces derniers diffèrent. Kahneman et Tversky dans “Prospect theory: An analysis of decision under risk” ont mis en évidence un biais de cadrage qu’ils nomment framing effect. Au travers plusieurs expériences, ils ont montré que si le problème était présenté en des termes négatifs, l’investisseur sera moins enclin à prendre des risques. Il sera risquophile. A l’inverse, si l’information lui est présentée en des termes positifs, il adoptera un comportement plus risqué. Il sera risquophobe.

Choix peuvent être formulés d’une manière qui met en valeur les aspects positifs ou négatifs de cette même décision, conduisant à des changements dans leur attractivité relative.

 

Conclusion :

Les interactions sociales influencent donc les comportements et les décisions de l’investisseur. Le comportement moutonnier lié à l’imitation est fortement présent sur les marchés financiers. Le mimétisme est plus ou moins intentionnel. toutefois, l’imitation n’est pas à rejeter systématiquement. Dans un premier temps, elle peut s’avérer utile pour l’investisseur dans une procédure de formation lorsqu’il estime ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour fonder ses propres jugements. Cependant, le mimétisme peut s’avérer dangereux lorsqu’il est animé par une volonté de gain rapide ou un désir d’être compétitif par rapport à ses pairs. Il convient de chercher à tendre vers un comportement plus rationnel possible en adoptant une approche objective. La finance comportementale et la connaissance des biais comportementaux aide à évaluer dans quelle mesure les comportements du partie des investisseurs est influencé à tort.

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