Qu’est ce qu’un E.T.F ou un tracker ?

ETF-Tracker

ETF - Tracker

« Lorsque des billions de dollars sont gérés par des gens de Wall Street, facturant des frais élevés, ce sont habituellement ces gestionnaires qui empochent les bénéfices exceptionnels, pas les clients. Tant les grands investisseurs que les petits devraient s’en tenir aux fonds indiciels à bas coût » Warren Buffet.

Depuis le premier fonds indiciels, crée par John C Bogle, en 1976 sur les marchés financiers américains, les E.T.F ou tracker rencontrent un succès de plus en plus importants à la fois auprès des particuliers et des professionnels.

 

Qu’est-ce qu’un tracker ou un E.T.F ?

Qu’est-ce qu’un tracker encore appelé E.T. F, qui signifie Exchange Traded Fund, (fonds négocié en bourse). C’est un produit d’investissement coté en bourse. Son objectif est de répliquer la performance d’un indice.

Qu’est-ce qu’un indice ? Il s’agit d’un panier de valeurs qui reflète la tendance d’un marché. Ce panier peut être représentatif d’actions ou d’obligations d’une zone géographique, d’un secteur d’activité, de marchandises comme les matières premières, ou d’un ensemble de devises. Sur le marché actions français, l’indice le plus connu est le CAC 40, qui est composé des quarante plus grandes entreprises françaises. Sur le marché européen, il s’agit de l’ EURO STOXX 50, qui comprend les 50 plus grandes capitalisations boursières de la zone euro.

Un ETFs est donc un panier de valeurs qui réplique à la hausse et à la baisse un indice de référence, désigné sous le terme de sous-jacent. Par exemple, investir dans un ETF CAC 40, cela équivaut à acheter, en une transaction, un peu de toutes les sociétés dans les mêmes proportions que l’indice de référence, soit les 40 entreprises. Si l’indice CAC 40 connaît une hausse de 2 %, l’ETF CAC 40 s’appréciera également de 2 %. Ainsi avec un ordre unique, il est possible d’acheter ou de vendre un panier d’actions.

 

Quel est le principe qui a présidé à la création des ETFs ?

Les ETFs ont émergé au regard d’un principe initial, qui postule qu’il est impossible à un investisseur, aussi expérimenté soit il, de battre sur le long terme l’indice qui sert de référence. La gestion par l’intermédiaire des ETFs, appelée gestion indicielle, consiste à répliquer de la manière la plus fidèle possible l’indice de référence. Cette gestion est dite passive, par opposition à la gestion active. Dans ce cas le gérant de portefeuille ne va pas chercher à battre l’indice mais à reproduire sa performance le plus fidèlement.

A la différence des OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières) comme les SICAV ou les FCP, ces paniers de titres ne sont pas gérés de façon active par un gérant. Les ETFs sont considérés comme des outils de gestion passive. Ils reproduisent une variation similaire à celle de leur sous-jacent sans aucune intervention stratégique du gérant de fonds. Ce dernier intervient de façon très limitée, essentiellement pour des activités comme l’encaissement de dividendes ou la transposition de divisions de titres. Parmi les sociétés de gestion agrées, qui émettent des ETFs, les plus connues, sont Vanguard, Amundi, Blackrock et lyxor. Les ETFs côtés sur Euronext, sont soumis aux règles de marché et au contrôle de l’Autorité des marchés Financiers (AMF). Ils respectent les directives européennes.

 

Comment les gérants émetteurs créent un ETF ?

Il existe deux mécanismes : la réplication physique ou la réplication synthétique.

Dans le cas d’une réplication physique, les émetteurs rassemblent, soit par achat, soit par emprunt, les valeurs qui vont composer le panier du fonds, en respectant la même pondération pour répliquer le plus fidèlement possible l’indice de référence. Ensuite, ils vont diviser le panier en parts fixes (creation units) et les revendre à des market makers qui les distribueront sur le marché. Au terme de cette étape, le rôle de l’émetteur sera essentiellement un rôle d’ajustements de la composition du fonds pour réguler les décalages entre les composants de l’ETF et l’indice de référence (tracking error). Ces ajustements impliqueront une gestion administrative des coûts, liés aux nécessaires ajustements Ce mécanisme de réplication est le plus transparent.

A côté de cette réplication physique, il existe un autre mécanisme de réplication, nommé réplication synthétique. Les ETF dits synthétiques, représentent un tiers des ETFs. Ils sont composés d’actifs physiques mais également de contrats d’échange de performance, tels que des swaps pour mettre en œuvre une stratégie. Un swap désigne un contrat d’échange de flux financiers entre le gestionnaire de l’ETF et une banque ou une institution financière. Cette dernière va recevoir des liquidités du gestionnaire et en contrepartie elle va s’engager à payer, à l’émetteur de l’ETF, le rendement de l’indice. Cela permet de couvrir le risque de variation et de reproduire la performance de l’indice de référence.

Ce mécanisme permet de créer des trackers qui reproduisent des indices moins accessibles et plus difficiles à reproduire comme les indices regroupant un grand nombre de valeurs ou les indices sur matières premières. Cependant ces ETFs offrent moins de transparence pour l’investisseur et impliquent une bonne connaissance des risques encourus. Dans cette perspective, il est fortement conseillé de consulter le D.I.C.I ( document d’information clé pour l’investisseur ) et le prospectus de l’ETF pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Ces documents permettent de s’informer de la composition du fonds, de ses objectifs, du profil de risque et des rendements visés ainsi que des frais afférents.

 

Comment se négocie un ETF ?

L’ETF se négocie comme une action. Il connait des changements de prix tout au long de la journée à mesure qu’il est acheté ou vendu. Ainsi il se différencie des FCP ou SICAV qui ne sont valorisés qu’à la clôture de la journée boursière. Il est donc possible de les acheter ou les vendre tout au long de la journée.

Suivant la place boursière sur laquelle sont côtés les ETF, les horaires de négociation diffèrent. D’une manière générale, leur cotation correspond aux horaires des bourses locales. Pour les ETF négociés sur les marchés d’Euronext, les horaires sont compris entre 9h 05 et 17h 30.

Les ETFs sont négociables à partir d’un compte titres ordinaire ou d’un P.E.A (plan d’épargne en actions). Pour qu’un ETF soit éligible au PEA, il faut qu’il comprenne au minimum 75 % d’actions européennes. Les ETFs synthétiques peuvent permettre de rendre éligibles des ETFs sur indices actions non européennes.

Quels sont les différents types d’ETFs ?

Comme, ils existent différents indices, il existe une multitude d’ETFs sur les différents marchés financiers du monde entier. Il est possible de distinguer plusieurs types de tracker.

Les ETFs sur indices actions, les ETFs sur indices matières premières, les ETFs sur indices obligataires et les ETFs multi actifs, les ETF sur indices de stratégie et les ETF avec possibilité d’effet de levier.

Les ETF sur indices de marché. Ce sont les plus classiques. Ils répliquent la performance des indices actions, comme le CAC 40 ou le DOW JONES (marchés américains). Ils peuvent également reproduire la performance de secteurs d’activités (comme l’énergie, le secteur pharmaceutique) ou de zones géographiques (pays émergents) ou encore de thématiques. Les thématiques spécifiques renvoient à des enjeux économiques, comme le développement durable, par exemple.

Les ETF sur indices obligataires, qui reproduisent les obligations (obligations d’Etat ou d’entreprises par exemple).

Les ETF sur indices de matières premières. Ils portent sur un panier de matières premières comme les métaux précieux (or, argent), métaux de base (fer, acier…) ou encore des secteurs comme l’agriculture, l’énergie. Ces ETFs ne peuvent pas répliquer uniquement une matière première individuelle. En effet, un ETF étant un fonds, il doit au minimum être indexé sur 5 valeurs.

Les trackers sur indices de stratégie. Ces ETFs présentent une complexité plus importante. Ils ne répliquent pas uniquement un indice. Ils visent un surcroit de performance pour un risque donné. Ils combinent gestion passive et active et sont basés sur des stratégies d’investissement plus sophistiquées.

Les ETF avec effet de levier permettant d’augmenter les gains. Ces ETFs , encore nommés tracker leveraged, sont plus risqués dans la mesure où ils répliquent leur sous jacent en multipliant l’évolution de celui-ci. Prenons l’exemple, d’un tracker qui vise à reproduire l’indice du CAC 40 avec un effet de levier de 2. Si le CAC 40 réalise une progression de 2 %, le tracker enregistrera alors une performance de + 4%.

Autres ETFs particuliers, ceux qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse d’un indice avec un effet de levier inversé. Dans le cas d’un pari à la baisse, on parle de tracker short ou tracker bear. A titre d’exemple, il est possible de citer le BX4, qui est un ETF qui reproduit à l’inverse la performance de l’indice CAC 40. Ainsi, si ce dernier augmente de 2 %, l’investisseur connaîtra une perte de 2 % et inversement.

Parce que les ETFs avec effet de levier amplifient les mouvements, ils peuvent provoquer de lourdes pertes en capital.

 

Quels sont les avantages des ETFs ?

L’ETF présente de nombreux avantages

Une performance sur une longue période :

Depuis plusieurs années, les investisseurs aux Etats Unis vendent les fonds d’actifs pour acheter des fonds et ETF indiciels à bas coûts. Cette tendance observée n’est pas un épiphénomène. Ces choix permettent aux investisseurs de payer moins de frais et d’obtenir une performance supérieure sur du long terme.

De nombreuses statistiques ont démontré lors de l’émergence des ETF qu’une très grande majorité des gestionnaires d’actifs a fait moins bien que le marché. Si certains parviennent à surperformer le marché sur une période donnée, ils sont peu nombreux à y parvenir sur une longue période. Depuis 2006, une étude SPIVA (Standard,& Poors Indices Versus Active) est effectuée annuellement pour comparer quantitativement la performance des fonds gérés activement à leurs indices de référence.

Selon la dernière étude de juin 2016, sur les dix dernières années, près de 86 % des fonds actifs ont été battus par leur indice de référence. Les fonds sur les actions internationales et émergentes libellés en euros présentent des performances faibles. Ils sont plus de 97% à échouer à battre leur indice. La tendance à la sous performance des fonds à tendance à s’accroitre avec le temps.

Désormais, les trackers affichent des performances supérieures à de nombreux fonds activement gérés. Aussi de manière de plus en plus prégnante se pose la question d’une gestion active qui impliquent des frais de gestion plus élevés.

Sur les marchés américains, les particuliers et les professionnels investissent de manière croissante par l’intermédiaire des ETFs. En France, si les professionnels recourent de plus en plus à ces produits d’investissements, les particuliers privilégient encore d’autres formes d’investissement.

Mais son usage augmente régulièrement. En raison des nombreux avantages offerts.

Economique :

L’achat d’un ETF ne nécessite pas un montant minimum de souscription.

Dans la mesure où les ETF sont des outils de gestion passive, les frais de gestion sont réduits. Ils sont prélevés au prorata du temps de détention du fonds. Ils présentent des frais moins élevés que les fonds de gérants actifs. Ils sont de l’ordre de 0.1 % pour les grands indices et compris entre 0.4% et 0.7% pour des indices plus particuliers. A titre de comparaison, les SICAV et les FCP affichent souvent des frais supérieurs à 2 %.

Par ailleurs les frais de courtage sont généralement identiques à ceux des actions. Aucun droit d’entrée ou de sortie n’est demandé.

Un ETF répliquant un panier de valeurs, cela limite les transactions. Une seule opération permet d’acquérir un panier d’actions ce qui diminue considérablement les frais de courtage. Par exe

La simplicité :

Les ETFs sont simples à utiliser. Ils représentent des produits financiers faciles à maitriser pour investir sur différents marchés. La constitution du portefeuille est simplifiée ainsi que son suivi. Les ETF facilitent le choix des actifs sur un marché donné. Un ordre unique permet d’acheter ou de vendre la performance d’un indice. Par ailleurs, ils ne nécessitent pas un suivi important.

La cotation en continu permet aux investisseurs de connaître à tout moment le montant de leurs parts. Il est aisé d’évaluer le cours d’un ETF, il correspond à une fraction de l’indice qu’il reproduit. Ainsi, si l’indice de référence est le CAC 40 et que ce dernier est à 5 000 points, si le tracker qui le réplique à 1/10 alors la valeur de celui-ci sera de 50 euros.

L’ETF n’a pas de date d’échéance. Il est donc possible de le conserver dans son portefeuille sans limite de temps. Ils constituent d’excellents outils pour construire un portefeuille d’investissement pour des placements stratégiques de long terme. Il faut toutefois être plus prudent avec les ETF à effet de levier.

La diversification :

En offrant la possibilité d’investir sur l’ensemble d’un marché, les ETF facilitent la diversification Une seule transaction permet d’acquérir un panier d’actifs.

Ils offrent la possibilité d’accéder à des types d’investissements variés : indices, obligataires, monétaires, étrangers et matières premières… En outre, ils offrent la possibilité d’accéder à des marchés difficiles d’accès et réservés à des professionnels, comme les marchés émergents par exemple.

La couverture :

D’un point de vue stratégique, les trackers peuvent constituer un outil de couverture. C’est-à-dire que cela permet de se protéger des variations de tendance d’un marché, en prenant par exemple un ETF dans une position inverse au sous jacent choisi.

Le rendement :

Certains ETF permettent de bénéficier des versements de dividendes reçus des actions les composant.

 

Quels sont les inconvénients des ETF ?

Le principal risque est lié à la variation du sous-jacent choisi. Comme une action, si ce dernier baisse, votre portefeuille baissera dans les mêmes proportions. En fonction de l’ampleur de la baisse, vous pouvez subir une perte partielle ou totale du capital investi.

Autre risque, celui consécutifs aux écarts de performance avec l’indice de référence, appelé tracking error.

Il y aussi le risque de change. On peut être exposé au risque de change, si les actifs du fonds achetés sont libellés dans une devise différente de celle du fons lui-même.

Le risque de liquidité est également à prendre en compte. Certains ETF peuvent être moins liquides si l’indice qu’ils répliquent l’est aussi en raison de faibles volumes d’échanges ou si les conditions de marché se durcissent à cause d’un évènement. Il devient alors difficile de s’en départir.

Enfin un autre risque à ne pas évincer : le risque de contrepartie. C’est le risque lié à la capacité d’un établissement à respecter ses engagements, tel que le paiement, la livraison ou le remboursement. Pour se prémunir contre ce risque, il est convient donc de prendre le temps de s’informer avant d’investir.

Les ETF n’offrent pas la possibilité de surperformer le marché

 

Malgré ces risques, les ETFs constituent un outil d’investissement qui permet d’obtenir une meilleure performance pour son portefeuille.

 

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